Voilà la fameuse nouvelle qui finit bien. Mais ne vous inquiétez pas: j'ai écrit une deuxième fin. Au début, il y avait seulement une partie de jambe en l'air, une Muse et une fin heureuse. Maintenant, il y a une partie de jambe en l'air (on se refait pas), un lecteur et des morts! Sous ces aspects déjantées, j'ai essayé de réfléchir sur la place de l'auteur par rapport au personnage (et vice versa, bien sûr) mais j'avoue ne pas avoir trouvé de réponse. Peut-être en aurez-vous une...
Madame Cléo recula, épouvantée. Elle fit soudain volte-face et arpenta le salon. Sa robe de mousseline bleu pervenche scintillait à la lumière du feu de cheminée. Le pas de ses bottines vernies résonnaient dans la grande pièce.
Elle attrapa un éventail sur le rebord de l'âtre et se ventila le visage par petits coups secs. Seul le froufrou du tissus venait troubler le silence du salon. L'horloge affichait 20:07.
Madame Cléo était une bourgeoise d'une quarantaine d'année. Veuve depuis quelques mois à peine, elle ne supportait pas la solitude. Elle avait eu alors l'idée d'ouvrir sa maison à ses amis et à des intellectuels dont la vivacité d'esprit la ravisait. De nombreuses personnes de qualité se pressaient dans son salon où les discussions variaient selon l'humeur de la maîtresse des lieux. Un jour, les convives admiraient le style de Monsieur Hugo, le lendemain, ils narraient les derniers ragots entendus au théâtre.
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Pardonnez-moi, madame, se hasarda Hélèna. Puis-je savoir à quelle heure viendront les invités demain?
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À seize heure, voyons. Vous le savez très bien, ma pauvre fille.
Hélèna pinça les lèvres. Elle détestait lorsque sa maîtresse l'appelait ainsi. Elle n'osa sortir de la pièce et resta immobile, attendant que Madame Cléo lui demande de l'aider à se déshabiller.
Hélèna avait souvent rencontré le comte de Thurand. C'était un jeune homme dont la verve et les pirouettes d'esprit enchantaient les femmes. Tous les salons lui étaient ouverts. Poète reconnu, il doutait pourtant de son talent et courait sans cesse après la reconnaissance. Il était tombé presque par hasard dans la drogue et ne s'était jamais relevé depuis. Madame Cléo l'encourageait à suivre des séances de désintoxication dans les cliniques de la France entière. Mais le Comte n'y restait que quelques jours. Bientôt, la drogue lui fut nécessaire pour écrire et c'est ainsi...
Madame Cléo - Ho!
L'auteur - Que se passe-t-il?
Madame Cléo – J'avais cru comprendre que l'histoire parlait de moi.
L'auteur – Je n'ai jamais dit ça!
La maîtresse de maison croise les bras sur sa poitrine et tourne le dos. Exaspérée, Hélèna soulève son tablier et sort un petit sac de la poche de sa robe noire. Elle se roule une cigarette.
L'auteur – Mais qu'est-ce que vous fabriquez, vous?
Hélèna – Je fume.
Elle s'approche de la cheminée et attrape une brindille enflammée afin d'allumer sa cigarette. Elle s'assoit ensuite avec élégance dans un des somptueux fauteuils du salon.
Madame Cléo – Relevez-vous, voyons! Vous êtes dans ma maison, ma fille
Hélèna – Je ne suis pas votre fille, madame. Et tant que l'histoire sera stoppée, je refuse de suivre vos instructions.
L'auteur – Et voilà! Ça devait m'arriver! Un ami m'avait prévenu: « Fais attention, n'écris pas trop sur les femmes car un jour, elle s'en vengeront! ». J'aurais du l'écouter! Vous n'êtes que des ingrates.
Madame Cléo (offusquée): Ce sont nous les ingrates? Vous plaisantez j'espère! Cela fait plus d'un mois que je trottine dans votre tête à la recherche de la sortie. Et enfin, lorsque que Mônsieur veut bien me donner vie, il raconte l'histoire d'un autre!
L'auteur – Je ne comprends pas...
Hélèna – Vous pensiez que c'était vous qui nous créé? (elle soupire de mépris). Les personnages obéissent à leur Créateur tant que celui-ci les respecte.
L'auteur (choqué) – J'ai toujours respecté mes personnages mais je ne compte pas me laisser mener à la baguette par une femme de papier!
Madame Cléo – Oh! Êtes-vous au courant que Emma Bovary a fait un scandale à Flaubert parce qu'il ne respectait pas ces volontés? Quel mufle! Il la prenait pour une idiote et lui donnait des amants plus médiocres les uns que les autres.
L'auteur (s'énerve) – Et elle l'a tellement fait chier qu'à la fin, il l'a tuée!
Madame Cléo (pointant son index vers l'auteur)– Ne vous avisez pas de faire cela, jeune homme! Et veuillez garder un langage correct.
Hélèna jette son mégot dans le feu et renverse la tête sur le dossier du fauteuil.
L'auteur (en fronçant les sourcils) – En fait, comment est-ce que j'ai réussi à rentrer dans ma propre histoire?
Madame Cléo lâche un petit rire de dédain.
Madame Cléo – C'est grâce à nous, mon cher. Hélèna vous l'avait fait comprendre pourtant: les personnages ont tout pouvoir sur leur Créateur. Je voulais vous parler donc je vous ai fait venir dans votre propre histoire.
L'auteur se retourne soudainement. On se rend alors compte que la scène est partagée en deux. Devant son ordinateur, l'auteur voit un salon bourgeois du dix-neuvième siècle. Derrière lui, il voit sa bibliothèque et une fenêtre avec vue sur la mer. Plus aucun personnage n'est visible. Madame Cléo hausse les épaules tandis que Hélèna éclate de rire. L'auteur refait plusieurs fois ce mouvement de va-et-vient.
L'auteur – Je suis bloqué! Comment puis-je sortir de là?
La voix off – En vous excusant platement, Créateur. En tout cas, se serait un bon début.
L'auteur (sursaute) – Qui a parlé?
Hélèna – C'est l'homme qui joue le rôle de la voix off.
L'auteur – Il existe aussi?
Madame Cléo – Qui se chargerait des descriptions si ce cher Alan n'était pas là?
Madame Cléo s'incline légèrement pour saluer Alan.
La voix off – J'en ferais de même, mon amie, si l'auteur avait daigné me donner un corps.
L'auteur – Comment aurais-je pu?
Hélèna – C'est très simple. Si le narrateur est un des personnages ou l'auteur lui-même, il prend corps. Mais s'il est omniscient, ce n'est qu'une simple voix.
L'auteur se redresse sur son siège et tape sur son écran d'ordinateur.
Appuyé contre la cheminé, Alan avait assisté à la scène sans émettre un seul mot. Il avait lui-même déjà rencontré le Comte de Thurand.
Alors qu'il écrit, un homme, grand et charismatique apparaît. Il s'incline devant Hélèna, puis se dirige vers Madame Cléo et lui baise la main.
Alan – Je me présente, monsieur, Alan Hugues, personnage et narrateur.
L'auteur (surpris) – Enchanté. (il réfléchit tandis que Madame Cléo et Alan parlent entre eux.). Mais comment ce fait-il que le personnage du comte ne soit pas présent?
Hélèna – Il est mort.
L'auteur (choqué) – Comment?
Hélèna ( comme si cela était évident) – Au gaz! Puisque dans votre récit, le Comte est décédé, il n'est présent qu'à travers le discours de Alan.
Hélèna se lève et regarde par la fenêtre du décor.
Hélèna – Que faisons-nous maintenant?
L'auteur – J'avais pensé continuer à écrire.
Madame Cléo (retirant sa main de celle de Alan. Elle s'avance de quelques pas vers l'auteur) – Ah non! Je n'en ai pas fini avec vous, jeune homme. J'exige que mon personnage soit le protagoniste principal.
L'auteur – Sinon quoi?
Madame Cléo (regardant autour d'elle) – Sinon je sabote votre travail.
Elle s'approche d'un guéridon sur lequel un bouquet de fleurs a été déposé. Elle soulève ostensiblement le vase et le jette par terre. Le verre se brise avec fracas. L'auteur s'exclame: sur l'écran de son ordinateur apparaissent des mots que Alan récite naturellement.
Alan – Alors que Hélèna allait quitter la pièce, Madame Cléo se précipita sur un vase et le jeta sur le parquet. Au milieu des débris de verre et de l'eau répandu, de grandes fleurs jaunes s'étalaient.
Alan secoue la tête comme s'il reprenait ses esprits.
Madame Cléo (elle s'approche de Alan, lui caresse le visage comme pour le réconforter, puis se tourne brutalement vers l'auteur) – Ne me provoquez plus, monsieur! (en s'adressant à Hélèna). Et vous, ma fille, qu'est-ce que vous attendez pour nettoyer?
Hélèna (énervée) – Je ne suis pas votre bonne, madame.
Alan (à Hélèna tandis qu'elle défait le noeud de son tablier blanc et enlève sa coiffe de femme de ménage. Elle les pose sur le guéridon où le bouquet de fleurs était exposé.) – Théoriquement, si. Dans la nouvelle, vous êtes au service de madame Cléo. Mais...
L'auteur – Stop! (Alan, outré par cette impolitesse. Il se tourne vers Madame Cléo et lui prend la taille). Je n'ai pas bien compris... Qu'est-ce que vous êtes, Hélèna, hors de cette histoire?
Hélèna – Rien, il me semble. (Rêveuse). J'aurais aimé incarner une jeune femme dont l'élégance et la beauté d'esprit aurait inspiré les intellectuels de son époque. N'y a-t-il pas de rôle plus merveilleux que celui de Muse?(Madame Cléo et Alan s'éloignent très doucement et sortent par une porte du décor). Que diriez-vous que l'on passe un pacte? Si j'arrive à convaincre Madame Cléo d'abandonner son ambitieuse idée, m'écrirais-vous une histoire où je serais une inspiratrice?
Madame Cléo glousse de l'autre côté de la porte mais aucun des deux personnages présents ni fait attention.
L'auteur (soupire) – Très bien. Mais je crois que ce n'est pas gagné. Elle a l'air de se moquer totalement des mes envies. (il se redresse sur son siège). J'ai plusieurs questions à vous poser: d'abord, qui, de l'auteur ou du personnage, à la primauté pour modifier l'histoire?
Hélèna réfléchit en faisant les cent pas dans la pièce. Elle se tourne vers l'auteur et ouvre la bouche mais la referme aussitôt en secouant la tête. L'auteur se retourne, regarde à travers la fenêtre et revient dans l'histoire. Soudain, Hélèna claque des doigts.
Hélèna – C'est évident! (l'auteur paraît inquiet). La réponse c'est qu'il n'y a pas de réponse. C'est comme demander qui, de la poule ou de l'oeuf, est venu en premier.
L'auteur (secoue la tête avec conviction) – Donc le Créateur ne peut pas continuer à vivre sans ses personnages et ils n'existent pas sans lui. Bien. Ensuite, j'ai une question concernant le narrateur: si je décide d'écrire la nouvelle à la première personne du singulier, Alan sera-t-il toujours le narrateur?
Hélèna – Pas du tout! Il disparaîtra et votre double prendra sa place. Mais Alan serait profondément déçu si vous faisiez cela. C'est un être d'un grande sensibilité artistique et je ne l'ai jamais vu faire preuve de violence, d'excitation ou d...
Soudain, on entend des gémissements provenant de la pièce voisine. Hélèna et l'auteur se tournent en direction des bruits qui s'amplifient.
L'auteur – Vous disiez? (Hélèna rougit et lisse machinalement les plis de sa robe noire). Ont-ils le droit de faire ça?
Hélèna (hausse les épaules) – Je suppose que oui. On ne peut rien y faire...
L'auteur se cale dans le fond de son siège et réfléchit. Hélèna s'approche de lui. Contre le mur, le portrait du mari défunt de Madame Cléo se met à trembler et tombe par terre. Le lustre de cristal tinte et de la poussière de plâtre tombe du plafond.
Hélèna – S'ils continuent comme ça, ils vont détruire toute la maison.
L'auteur cache son visage avec ses mains. Hélèna fait alors un geste étrange dans sa direction: elle passe la main sur son front, la dépose sur ses lèvres, puis la tient horizontalement à sa bouche et souffle dessus. L'auteur se relève soudain, rougit, fait un geste de renoncement, puis hausse les épaules et tape sur l'écran de son ordinateur:
Hélèna... Huuuuum... Hélèna...
On entend un cri. Une claque résonne dans la pièce voisine. Madame Cléo ressort bientôt de la pièce, remettant en place ses jupons, le chignon de travers. Hélèna éclate de rire. Madame Cléo la fusille du regard. La jeune femme se tait et déglutit difficilement. Alan apparaît. Il a remis ses vêtements en place mais il semble atterré par ce qu'il vient de se passer. Il se masse la joue gauche. L'auteur se frotte les mains
L'auteur (d'un air faussement innocent) – Où étiez-vous passez?
Madame Cléo (tremblante de rage) – Nul part! Qu'insinuez-vous, voyons!
Alan (s'approche d'elle et murmure) – Constance...
Madame Cléo se recule et entreprend de refaire son chignon mais ses gestes sont tellement nerveux qu'elle n'y parvient pas. Hélèna contient tant bien que mal son hilarité.
L'auteur – Pouvons-nous reprendre l'histoire?
Madame Cléo – Tout à fait mais à une condition, je...
L'auteur – Je connais déjà votre condition mais il...
Madame Cléo – Non, non, je me suis mal fait comprendre. Même si cela me brise le coeur, je renonce à être le personnage principal. En revanche, j'exige que Alan ne compte plus parmi les personnages.
Alan – Constance! (il se précipite vers elle et s'agenouille) Je t'ai déjà expliqué que ces mots étaient sortis de ma bouche contre ma volonté. Je ne sais pas ce qu'il m'a pris... Ce n'était pas moi, il faut me croire! Tan pis si je ne suis plus un personnage à part entière, mais je ne veux pas perdre ton amour.
Madame Cléo tire sur le bas de sa robe que Alan tient dans ses mains. Il laisse ses bras retombés vers le sol. Hélèna regarde l'auteur en lui faisant des signes afin qu'il éclaire le malentendu.
L'auteur (mal à l'aise) – En fait... (Madame Cléo et Alan se tournent vers lui). J'ai écrit le nom de Hélèna sur mon ordinateur et Alan l'a automatiquement prononcé. (Madame Cléo est choqué, Alan , ravi). Excusez-moi d'avoir (il cherche le bon mot) écourté votre activité, mais je tiens à continuer l'histoire au plus vite.
Soudain Alan se relève et enlace Madame Cléo. Il l'embrasse fougueusement alors qu'elle tente de se débattre. Puis ses coups se font moins violents et elle abandonne toute résistance.
Première fin
Hélèna sourit et se tourne vers l'auteur.
Hélèna – Pensez à notre accord.
L'auteur (étonné) – Mais vous n'avez rien fait pour que Madame Cléo abandonne son idée première.
Hélèna – En êtes-vous sur? (Elle se penche vers lui et dépose un baiser sur sa joue). Aurais-je pu faire cela si j'avais été un personnage comme les autres?
L'auteur (ému, se lève de son siège) – Qui êtes vous? (Hélèna ne répond pas mais le regarde fixement). Ma... ma Muse?
Hélèna met un doigt sur ses lèvres. La lumière baisse alors d'intensité et tous les personnages disparaissent. Seul un cercle de lumière entoure l'auteur. Il regarde autour de lui, puis se rassied. Sur son écran d'ordinateur, des mots se sont inscrits d'eux-mêmes, sous la pression d'une main invisible:
Alan s'approcha de Madame Cléo. Il releva très doucement sous menton et lui sourit. La mort du comte Thurand lui sembla un lointain souvenir. Alan la serra contre lui et murmura:
L'auteur tape avec empressement sur son clavier:
(7 novembre 2007)
Deuxième fin: (Hélèna ne fait aucun signe en direction de l'auteur lorsque Madame Cléo et Alan étudiaient l'anatomie. L'auteur trouva de lui-même le stratagème pour les faire revenir).
Hélèna (soupirant) – Notre accord n'a plus lieu d'être.
L'auteur – Je réfléchirais quand même à votre proposition.
Hélèna se tourne vers le couple. Ils s'embrassent toujours.
Hélèna (à l'auteur) – Vous savez comment vous allez terminé cette histoire?
L'auteur se gratte la tête et tape quelques mots sur son clavier. Soudain, Alan se redresse brusquement, sa main crispée sur sa poitrine. Il tente de parler mais un râle horrible sort de sa bouche. Madame Cléo hurle. Alan s'écroule sur le sol, mort. Madame Cléo tombe à genoux devant lui et pleure sur son corps inerte. Hélèna regarde la scène avec étonnement.
Hélèna – Vous allez me tuer moi aussi?
L'auteur – J'hésite... C'est que vous me plaisez beaucoup.
Hélèna s'approche de lui et tend sa main vers la tête de l'auteur comme si elle lui caressait les cheveux. Pendant ce temps, Madame Cléo se relève et fouille dans une grande commode.
Hélèna – Je ne peux pas vous toucher.
L'auteur – Et si je nous écrivais une histoire... une histoire où nous serions les seuls personnages?
Hélèna – Je ferais tout ce que vous voudrez...
Elle approche ses lèvres de celles de l'auteur sans les toucher. Madame Cléo sort un pistolet du tiroir, vise l'auteur, puis tire les yeux fermés. Plusieurs coups partent. Lorsqu'elle rouvre les yeux, Hélèna gît sur le sol, les mains appuyées sur son ventre. Le sang se répand rapidement sur le somptueux tapis du salon. L'auteur est affalé sur son écran, ses bras ballants. Hélèna ouvre la bouche et tend une main vers Madame Cléo. Celle-ci se précipite vers elle, dépose un baiser sur ses doigts mais Hélèna est morte. Elle se tourne vers le lecteur.
Madame Cléo – J'ai tué mon Créateur... je suis morte!
Elle attend au milieu de la scène. Rien ne se produit.
Madame Cléo (regarde ses mains, son corps, touche son visage) – Mais... Cela n'est pas normal.
Elle jette le pistolet sur la scène, puis court vers la porte mais devant le corps de Alan, elle s'arrête. Elle effleure les lèvres de Alan avec ses doigts. Avant de franchir une porte à droite, elle se retourne et regarde la scène.
Madame Cléo (en hurlant) – Il n'y a donc personne?
Aucune présence ne se manifeste. Madame Cléo pleure en refermant la porte.
(24 novembre 2007)
Aux lecteurs qui savent faire vivre les personnages malgré eux