Pensées insomniaques et textes poétiques...

VIP-Blog de witch-s_death

Pensées insomniaques et textes poétiques...
VIP Board
Blog express
Messages audio
Video Blog
Flux RSS

28 articles publiés
157 commentaires postés
4 visiteurs aujourd'hui
Créé le : 05/08/2007 15:43
Modifié : 15/03/2009 11:28

Fille (21 ans)
Origine : France
Contact
Favori
Faire connaître ce blog
Nouveau : Newsletter de ce blog !

 Juillet  2009 
Lun Mar Mer Jeu Ven Sam Dim
29300102030405
06070809101112
13141516171819
20212223242526
272829300102

Mes blogs favoris

3-02am
hirodaro
lunastrelle
Marietopolis
niak-c
niak-c-08


|
Accueil | Presentation | Tous les blogs | Sexy | Astro | Crer un blog | Accs membres |

°°°

26/10/2007 17:41



Un livre dans la main, au coin de la fenêtre, regarder les rides humides du verre. Que faire d'autre sinon attendre que le temps passe? Il pleut.

J'ai perdu le début d'un texte. Il était minuit passé, je revenais d'une soirée. Fatiguée mais affamée, je me suis préparée une tartine de chocolat. Quand soudain, l'inspiration est venue. Les mots s'inscrivaient presque tout seuls sur une vieille feuille de papier, trouvée au fond de la corbeille en osier. Je décrivais la soirée, les Réunionais, l'ambiance devant le grand écran qui retransmettait le match contre les All Blacks, les sifflets lorsque le Président (oh! Quel blasphème que cette majuscule mais je suis amoureuse du français. Passion oblige!) a crevé la surface paisible, la Marseillaise résonnant sur la place de la Comédie. Cet hymne barbare qui faisait rougir Marianne tandis que des innocents paroliers hurlait les mots de guerre. Je me souviens du Cyclope qui se transformait en dragon. Un mur de fumée devant ses narines blanches faisait naître des rêves dont l'odeur de cuir et de cerise avait assoupi ma peine. Les narguilés, anorexiques métalliques en dentelle forgée, étalaient leur tentacule annelée jusqu'à nos bouches. Une voix rauque vibrait sous l'écharpe noire. Les pâtisseries orientales retiraient leurs voiles sous les caresses des langues. Des ruches abandonnées dansaient au-dessus de nos têtes... Mais épuisée, mon esprit à repousser les mots. Le lendemain, ils étaient partis. Aucune lettre d'adieu, seulement des maux de tête...

 

 



Commentaire de vn (26/10/2007 18:28) :

Je viens de revivre ces moments, avec plus de poésie maintenant que tes mots les ont décrit. Un texte perdu mais un de retrouvé!

http://pink-coffin.blogspot.com



Le septième et dernier tome d'Harry Potter...

31/10/2007 23:22



Je suis en train de lire le septième Harry Potter. Peut-être l'auteur n'a-t-elle pas assez insisté sur le côté malsain et noir de ce dernier tome. L'ambiance manque un peu d'épaisseur (mais à près tout, je n'en suis qu'au début!).

J'ai beaucoup de mal a retrouver les personnages. Je ne vois plus Harry Potter comme un héros à présent que j'ai l'image de jeunes filles en fleur fantasmant sur Daniel Radcliff, qui, pardon mesdemoiselles, n'a pas le charisme et la profondeur de Alan Rickman, alias Severus Rogue (troublé dans Love Actually, sublimement touchant dans Snow Cake, avec Sigourney Weaver, s'il vous plaît!)

Je devais avoir un peu plus de dix ans lorsque j'ai lu le premier tome de Joanne Kathleen Rowling (notez que le prénom Kathleen ne fait pas partie officiellement de son patronyme...). Une amie dont le père travaillait à l'ambassade française en Angleterre me l'avait prêté. Il n'était pas encore sortie en France et l'image du timide sorcier n'était pas pervertie par les produits dérivés et les fantasmes des pré-adolescentes. Passionnée par l'univers de la sorcellerie (à ne pas confondre avec magie, je vous en supplie!), le livre m'a tenu en haleine. En une nuit, Harry Potter et le mode d'alimentation des hiboux n'avaient plus de secret pour moi.

Affamée de lecture, sûrement, mais je ne me connaissais pas à l'époque des tendances boulimiques! Quel sortilège renfermait le volume de Madame Rowling? La formule me paraît aujourd'hui beaucoup moins compliquée: un univers fantastique où reposer l'esprit abruti par une société médiocre (et encore, je suis polie!), un enfant incompris par sa famille (une pensée émue au célèbre, et véridique, « famille, je vous hais » d'André Gide)... et des méchants!

Les tomes suivants ont été écrit sur le même schéma que le premier: rentrée à Poudlard (je m'incline devant Jean-François Ménard, le traducteur de la série que l'on oublie trop souvent. Car le nom de l'école de sorcellerie est passé dans la langue de Shakespeare alors qu'en anglais, elle se nomme Hogwarts! Rien que ça...), péripéties diverses comme des bobos et des meurtres, confrontation avec Voldemort (Voldy pour les intimes. Rien de tel que les surnoms stupides pour démystifier le mal... à réfléchir), évanouissement donc direction l'infirmerie (le fait que H.P. s'évanouisse à la fin des combats a soulevé de nombreux questionnements chez ma petite soeur... Je me permets de vous l'indiquer car cela n'arrive pas souvent!).

Si le nombre des « gentils » augmentent, le clan des « méchants » s'étoffent avec, notamment, l'apparition de Bellatrix (voldemorement interprétée par Helena Bonham Carter) et d'agents doubles comme Severus Rogue, et peut-être pourrons nous bientôt ajouter à cette liste Dumbledore (je n'en suis qu'au début je vous dis!). Albus, « blanc » en latin (les prénoms des personnages sont nombreux a être inspiré de cette langue, alors à vos dictionnaires latins/français!)... Quelle magnifique morale que celle du Mal caché derrière le Bien... mais je m'avance! Page 63: un seul meurtre a été commis et, pour l'instant, monsieur le Directeur est toujours « officiellement » mort. Je retourne à ma lecture.

Joyeux Halloween, visiteur, et bonne année aux sorciers de passage sur ce blog.



Commentaire de xxx47 (06/11/2007 22:18) :

hum, j'ai beaucoup aimé ce livre moi aussi... je suppose que depuis le temps tu as du le finir? par contre j'aurais pas trouvé que le personnage d'Harry Potter était perverti par toute la pub qu'on en a faite, après tout J.K. Rowling en est pas franchement responsable. J'aurais plutôt trouvé qu'il était un peu décrédibilisé par la performance de Daniel Radcliffe^^ enfin trève de bavardages: j'aime beaucoup tes écrits :)

http://outofthis.canalblog.com

Commentaire de Carnavale (08/11/2007 17:11) :

Je viens de lire l'essentiel de ton blog et je trouve qu'il y a de très beaux moments de noirceur. C'est un peu torturé de façon caricaturale, parfois, mais ça tient la route et l'on prend beaucoup de plaisir à éprouver les tressaillements des mots. La nouvelle qui met en scène la tombe de Lucie est, malgré quelques maladresses, surtout de style je dirais, particulièrement bien construiste, et très intense. J'ai vu que tu avais mis "Golden Epopée" dans tes favoris sur ton autre blog de poésies et sache que tous les auteurs en sont flattés ! N'hésite pas à nous accompagner de ta plume si cela te chante, à toi et à ton coeur d'écailles d'encre.

magicthirty@hotmail.com

Commentaire de Dark. (13/11/2007 18:10) :

Bon. Je n'avais pas encore lu cet article, de peur que tu y dévoiles des choses où je n'étaient pas encore arrivée dans ma lecture, mais je me rend compte que ma pensée a été stupide =) Si j'vais pris, un tant soit peu la peine de lire le début ou de parcourir l'article un peu vite,je me serais vite aperçue que tu n'en étais qu'au début... Bref. J'aime ben ton article. Et je trouve aussi que le début de la série est beaucoup mieux que la fin. Maintenant, trop de produits dérivés, trop de fans qui n'attendaient que la confrontation finale et un dernier volume qui se termine bien. Je suis assez déçue. Un moment du livre, vers la fin, m'a beaucoup émue, mais il s'est terminé aussi vite qu'il est arrivé, et le côte fantastique, trop fantastique a aussitôt repris le dessus... Je m'arrête là, j'vais un com' aussi long que l'article sinon =)

http://histoiredefraise.skyrock.com

Commentaire de NiaK© (15/11/2007 06:31) :

Comme je suis une véritable ordure, doublé d'une feignasse, j'ai juste lu la fin ^^...
Je suis méchant! lol


Commentaire de l\'auteur du blog (15/11/2007 10:32) :

Oui, Niak... Tu es méchant! Et c'est pour ça qu'on t'aimeuuuh! Avant de commencer le dernier tome, j'avais lu la dernière phrase: ça casse le mythe parce que c'est là où on apprend qu'Harry ne meurt pas! oO Bisous


Commentaire de hiro (18/11/2007 18:12) :

raaaa.. on dit pas des choses comme ça au canari de quelqu'un d'autre!^^


Commentaire de lunastrelle (09/12/2007 14:49) :

C'est pas juste, moi je ne l'ai pas encore lu, je n'ai pas pu l'avoir! Et toi tu me mets l'eau à la bouche avec cette description.. arg! Bises à toi^^. Justine

http://lunastrelle.vip-blog.com



Le lecteur - Quelle horrible fin!

18/11/2007 19:17



Voilà la fameuse nouvelle qui finit bien. Mais ne vous inquiétez pas: j'ai écrit une deuxième fin. Au début, il y avait seulement une partie de jambe en l'air, une Muse et une fin heureuse. Maintenant, il y a une partie de jambe en l'air (on se refait pas), un lecteur et des morts! Sous ces aspects déjantées, j'ai essayé de réfléchir sur la place de l'auteur par rapport au personnage (et vice versa, bien sûr) mais j'avoue ne pas avoir trouvé de réponse. Peut-être en aurez-vous une...



  • Comment s'est-il suicidé?

  • Au gaz, madame.

Madame Cléo recula, épouvantée. Elle fit soudain volte-face et arpenta le salon. Sa robe de mousseline bleu pervenche scintillait à la lumière du feu de cheminée. Le pas de ses bottines vernies résonnaient dans la grande pièce.

  • Au gaz! Au gaz! Mais personne ne se suicide ainsi de nos jours!

Elle attrapa un éventail sur le rebord de l'âtre et se ventila le visage par petits coups secs. Seul le froufrou du tissus venait troubler le silence du salon. L'horloge affichait 20:07.

  • Au gaz... murmura-t-elle. Quel enfant!

Madame Cléo était une bourgeoise d'une quarantaine d'année. Veuve depuis quelques mois à peine, elle ne supportait pas la solitude. Elle avait eu alors l'idée d'ouvrir sa maison à ses amis et à des intellectuels dont la vivacité d'esprit la ravisait. De nombreuses personnes de qualité se pressaient dans son salon où les discussions variaient selon l'humeur de la maîtresse des lieux. Un jour, les convives admiraient le style de Monsieur Hugo, le lendemain, ils narraient les derniers ragots entendus au théâtre.

  • Pardonnez-moi, madame, se hasarda Hélèna. Puis-je savoir à quelle heure viendront les invités demain?

  • À seize heure, voyons. Vous le savez très bien, ma pauvre fille.

Hélèna pinça les lèvres. Elle détestait lorsque sa maîtresse l'appelait ainsi. Elle n'osa sortir de la pièce et resta immobile, attendant que Madame Cléo lui demande de l'aider à se déshabiller.

Hélèna avait souvent rencontré le comte de Thurand. C'était un jeune homme dont la verve et les pirouettes d'esprit enchantaient les femmes. Tous les salons lui étaient ouverts. Poète reconnu, il doutait pourtant de son talent et courait sans cesse après la reconnaissance. Il était tombé presque par hasard dans la drogue et ne s'était jamais relevé depuis. Madame Cléo l'encourageait à suivre des séances de désintoxication dans les cliniques de la France entière. Mais le Comte n'y restait que quelques jours. Bientôt, la drogue lui fut nécessaire pour écrire et c'est ainsi...


Madame Cléo - Ho!

L'auteur - Que se passe-t-il?

Madame Cléo – J'avais cru comprendre que l'histoire parlait de moi.

L'auteur – Je n'ai jamais dit ça!

La maîtresse de maison croise les bras sur sa poitrine et tourne le dos. Exaspérée, Hélèna soulève son tablier et sort un petit sac de la poche de sa robe noire. Elle se roule une cigarette.

L'auteur – Mais qu'est-ce que vous fabriquez, vous?

Hélèna – Je fume.

Elle s'approche de la cheminée et attrape une brindille enflammée afin d'allumer sa cigarette. Elle s'assoit ensuite avec élégance dans un des somptueux fauteuils du salon.

Madame Cléo – Relevez-vous, voyons! Vous êtes dans ma maison, ma fille

Hélèna – Je ne suis pas votre fille, madame. Et tant que l'histoire sera stoppée, je refuse de suivre vos instructions.

L'auteur – Et voilà! Ça devait m'arriver! Un ami m'avait prévenu: « Fais attention, n'écris pas trop sur les femmes car un jour, elle s'en vengeront! ». J'aurais du l'écouter! Vous n'êtes que des ingrates.

Madame Cléo (offusquée): Ce sont nous les ingrates? Vous plaisantez j'espère! Cela fait plus d'un mois que je trottine dans votre tête à la recherche de la sortie. Et enfin, lorsque que Mônsieur veut bien me donner vie, il raconte l'histoire d'un autre!

L'auteur – Je ne comprends pas...

Hélèna – Vous pensiez que c'était vous qui nous créé? (elle soupire de mépris). Les personnages obéissent à leur Créateur tant que celui-ci les respecte.

L'auteur (choqué) – J'ai toujours respecté mes personnages mais je ne compte pas me laisser mener à la baguette par une femme de papier!

Madame Cléo – Oh! Êtes-vous au courant que Emma Bovary a fait un scandale à Flaubert parce qu'il ne respectait pas ces volontés? Quel mufle! Il la prenait pour une idiote et lui donnait des amants plus médiocres les uns que les autres.

L'auteur (s'énerve) – Et elle l'a tellement fait chier qu'à la fin, il l'a tuée!

Madame Cléo (pointant son index vers l'auteur)– Ne vous avisez pas de faire cela, jeune homme! Et veuillez garder un langage correct.

Hélèna jette son mégot dans le feu et renverse la tête sur le dossier du fauteuil.

L'auteur (en fronçant les sourcils) – En fait, comment est-ce que j'ai réussi à rentrer dans ma propre histoire?

Madame Cléo lâche un petit rire de dédain.

Madame Cléo – C'est grâce à nous, mon cher. Hélèna vous l'avait fait comprendre pourtant: les personnages ont tout pouvoir sur leur Créateur. Je voulais vous parler donc je vous ai fait venir dans votre propre histoire.

L'auteur se retourne soudainement. On se rend alors compte que la scène est partagée en deux. Devant son ordinateur, l'auteur voit un salon bourgeois du dix-neuvième siècle. Derrière lui, il voit sa bibliothèque et une fenêtre avec vue sur la mer. Plus aucun personnage n'est visible. Madame Cléo hausse les épaules tandis que Hélèna éclate de rire. L'auteur refait plusieurs fois ce mouvement de va-et-vient.

L'auteur – Je suis bloqué! Comment puis-je sortir de là?

La voix off – En vous excusant platement, Créateur. En tout cas, se serait un bon début.

L'auteur (sursaute) – Qui a parlé?

Hélèna – C'est l'homme qui joue le rôle de la voix off.

L'auteur – Il existe aussi?

Madame Cléo – Qui se chargerait des descriptions si ce cher Alan n'était pas là?

Madame Cléo s'incline légèrement pour saluer Alan.

La voix off – J'en ferais de même, mon amie, si l'auteur avait daigné me donner un corps.

L'auteur – Comment aurais-je pu?

Hélèna – C'est très simple. Si le narrateur est un des personnages ou l'auteur lui-même, il prend corps. Mais s'il est omniscient, ce n'est qu'une simple voix.

L'auteur se redresse sur son siège et tape sur son écran d'ordinateur.


Appuyé contre la cheminé, Alan avait assisté à la scène sans émettre un seul mot. Il avait lui-même déjà rencontré le Comte de Thurand.


Alors qu'il écrit, un homme, grand et charismatique apparaît. Il s'incline devant Hélèna, puis se dirige vers Madame Cléo et lui baise la main.


Alan – Je me présente, monsieur, Alan Hugues, personnage et narrateur.

L'auteur (surpris) – Enchanté. (il réfléchit tandis que Madame Cléo et Alan parlent entre eux.). Mais comment ce fait-il que le personnage du comte ne soit pas présent?

Hélèna – Il est mort.

L'auteur (choqué) – Comment?

Hélèna ( comme si cela était évident) – Au gaz! Puisque dans votre récit, le Comte est décédé, il n'est présent qu'à travers le discours de Alan.

Hélèna se lève et regarde par la fenêtre du décor.

Hélèna – Que faisons-nous maintenant?

L'auteur – J'avais pensé continuer à écrire.

Madame Cléo (retirant sa main de celle de Alan. Elle s'avance de quelques pas vers l'auteur) – Ah non! Je n'en ai pas fini avec vous, jeune homme. J'exige que mon personnage soit le protagoniste principal.

L'auteur – Sinon quoi?

Madame Cléo (regardant autour d'elle) – Sinon je sabote votre travail.

Elle s'approche d'un guéridon sur lequel un bouquet de fleurs a été déposé. Elle soulève ostensiblement le vase et le jette par terre. Le verre se brise avec fracas. L'auteur s'exclame: sur l'écran de son ordinateur apparaissent des mots que Alan récite naturellement.

Alan – Alors que Hélèna allait quitter la pièce, Madame Cléo se précipita sur un vase et le jeta sur le parquet. Au milieu des débris de verre et de l'eau répandu, de grandes fleurs jaunes s'étalaient.

Alan secoue la tête comme s'il reprenait ses esprits.

Madame Cléo (elle s'approche de Alan, lui caresse le visage comme pour le réconforter, puis se tourne brutalement vers l'auteur) – Ne me provoquez plus, monsieur! (en s'adressant à Hélèna). Et vous, ma fille, qu'est-ce que vous attendez pour nettoyer?

Hélèna (énervée) – Je ne suis pas votre bonne, madame.

Alan (à Hélèna tandis qu'elle défait le noeud de son tablier blanc et enlève sa coiffe de femme de ménage. Elle les pose sur le guéridon où le bouquet de fleurs était exposé.) – Théoriquement, si. Dans la nouvelle, vous êtes au service de madame Cléo. Mais...

L'auteur – Stop! (Alan, outré par cette impolitesse. Il se tourne vers Madame Cléo et lui prend la taille). Je n'ai pas bien compris... Qu'est-ce que vous êtes, Hélèna, hors de cette histoire?

Hélèna – Rien, il me semble. (Rêveuse). J'aurais aimé incarner une jeune femme dont l'élégance et la beauté d'esprit aurait inspiré les intellectuels de son époque. N'y a-t-il pas de rôle plus merveilleux que celui de Muse?(Madame Cléo et Alan s'éloignent très doucement et sortent par une porte du décor). Que diriez-vous que l'on passe un pacte? Si j'arrive à convaincre Madame Cléo d'abandonner son ambitieuse idée, m'écrirais-vous une histoire où je serais une inspiratrice?

Madame Cléo glousse de l'autre côté de la porte mais aucun des deux personnages présents ni fait attention.

L'auteur (soupire) – Très bien. Mais je crois que ce n'est pas gagné. Elle a l'air de se moquer totalement des mes envies. (il se redresse sur son siège). J'ai plusieurs questions à vous poser: d'abord, qui, de l'auteur ou du personnage, à la primauté pour modifier l'histoire?

Hélèna réfléchit en faisant les cent pas dans la pièce. Elle se tourne vers l'auteur et ouvre la bouche mais la referme aussitôt en secouant la tête. L'auteur se retourne, regarde à travers la fenêtre et revient dans l'histoire. Soudain, Hélèna claque des doigts.

Hélèna – C'est évident! (l'auteur paraît inquiet). La réponse c'est qu'il n'y a pas de réponse. C'est comme demander qui, de la poule ou de l'oeuf, est venu en premier.

L'auteur (secoue la tête avec conviction) – Donc le Créateur ne peut pas continuer à vivre sans ses personnages et ils n'existent pas sans lui. Bien. Ensuite, j'ai une question concernant le narrateur: si je décide d'écrire la nouvelle à la première personne du singulier, Alan sera-t-il toujours le narrateur?

Hélèna – Pas du tout! Il disparaîtra et votre double prendra sa place. Mais Alan serait profondément déçu si vous faisiez cela. C'est un être d'un grande sensibilité artistique et je ne l'ai jamais vu faire preuve de violence, d'excitation ou d...

Soudain, on entend des gémissements provenant de la pièce voisine. Hélèna et l'auteur se tournent en direction des bruits qui s'amplifient.

L'auteur – Vous disiez? (Hélèna rougit et lisse machinalement les plis de sa robe noire). Ont-ils le droit de faire ça?

Hélèna (hausse les épaules) – Je suppose que oui. On ne peut rien y faire...

L'auteur se cale dans le fond de son siège et réfléchit. Hélèna s'approche de lui. Contre le mur, le portrait du mari défunt de Madame Cléo se met à trembler et tombe par terre. Le lustre de cristal tinte et de la poussière de plâtre tombe du plafond.

Hélèna – S'ils continuent comme ça, ils vont détruire toute la maison.

L'auteur cache son visage avec ses mains. Hélèna fait alors un geste étrange dans sa direction: elle passe la main sur son front, la dépose sur ses lèvres, puis la tient horizontalement à sa bouche et souffle dessus. L'auteur se relève soudain, rougit, fait un geste de renoncement, puis hausse les épaules et tape sur l'écran de son ordinateur:


Hélèna... Huuuuum... Hélèna...


On entend un cri. Une claque résonne dans la pièce voisine. Madame Cléo ressort bientôt de la pièce, remettant en place ses jupons, le chignon de travers. Hélèna éclate de rire. Madame Cléo la fusille du regard. La jeune femme se tait et déglutit difficilement. Alan apparaît. Il a remis ses vêtements en place mais il semble atterré par ce qu'il vient de se passer. Il se masse la joue gauche. L'auteur se frotte les mains

L'auteur (d'un air faussement innocent) – Où étiez-vous passez?

Madame Cléo (tremblante de rage) – Nul part! Qu'insinuez-vous, voyons!

Alan (s'approche d'elle et murmure) – Constance...

Madame Cléo se recule et entreprend de refaire son chignon mais ses gestes sont tellement nerveux qu'elle n'y parvient pas. Hélèna contient tant bien que mal son hilarité.

L'auteur – Pouvons-nous reprendre l'histoire?

Madame Cléo – Tout à fait mais à une condition, je...

L'auteur – Je connais déjà votre condition mais il...

Madame Cléo – Non, non, je me suis mal fait comprendre. Même si cela me brise le coeur, je renonce à être le personnage principal. En revanche, j'exige que Alan ne compte plus parmi les personnages.

Alan – Constance! (il se précipite vers elle et s'agenouille) Je t'ai déjà expliqué que ces mots étaient sortis de ma bouche contre ma volonté. Je ne sais pas ce qu'il m'a pris... Ce n'était pas moi, il faut me croire! Tan pis si je ne suis plus un personnage à part entière, mais je ne veux pas perdre ton amour.

Madame Cléo tire sur le bas de sa robe que Alan tient dans ses mains. Il laisse ses bras retombés vers le sol. Hélèna regarde l'auteur en lui faisant des signes afin qu'il éclaire le malentendu.

L'auteur (mal à l'aise)En fait... (Madame Cléo et Alan se tournent vers lui). J'ai écrit le nom de Hélèna sur mon ordinateur et Alan l'a automatiquement prononcé. (Madame Cléo est choqué, Alan , ravi). Excusez-moi d'avoir (il cherche le bon mot) écourté votre activité, mais je tiens à continuer l'histoire au plus vite.

Soudain Alan se relève et enlace Madame Cléo. Il l'embrasse fougueusement alors qu'elle tente de se débattre. Puis ses coups se font moins violents et elle abandonne toute résistance.



Première fin


Hélèna sourit et se tourne vers l'auteur.

Hélèna – Pensez à notre accord.

L'auteur (étonné) – Mais vous n'avez rien fait pour que Madame Cléo abandonne son idée première.

Hélèna – En êtes-vous sur? (Elle se penche vers lui et dépose un baiser sur sa joue). Aurais-je pu faire cela si j'avais été un personnage comme les autres?

L'auteur (ému, se lève de son siège) – Qui êtes vous? (Hélèna ne répond pas mais le regarde fixement). Ma... ma Muse?

Hélèna met un doigt sur ses lèvres. La lumière baisse alors d'intensité et tous les personnages disparaissent. Seul un cercle de lumière entoure l'auteur. Il regarde autour de lui, puis se rassied. Sur son écran d'ordinateur, des mots se sont inscrits d'eux-mêmes, sous la pression d'une main invisible:


Alan s'approcha de Madame Cléo. Il releva très doucement sous menton et lui sourit. La mort du comte Thurand lui sembla un lointain souvenir. Alan la serra contre lui et murmura:

  • M'aimez-vous?


L'auteur tape avec empressement sur son clavier:


  • Oui, répondit Madame Cléo.


(7 novembre 2007)



Deuxième fin: (Hélèna ne fait aucun signe en direction de l'auteur lorsque Madame Cléo et Alan étudiaient l'anatomie. L'auteur trouva de lui-même le stratagème pour les faire revenir).


Hélèna (soupirant) – Notre accord n'a plus lieu d'être.

L'auteur – Je réfléchirais quand même à votre proposition.

Hélèna se tourne vers le couple. Ils s'embrassent toujours.

Hélèna (à l'auteur) – Vous savez comment vous allez terminé cette histoire?

L'auteur se gratte la tête et tape quelques mots sur son clavier. Soudain, Alan se redresse brusquement, sa main crispée sur sa poitrine. Il tente de parler mais un râle horrible sort de sa bouche. Madame Cléo hurle. Alan s'écroule sur le sol, mort. Madame Cléo tombe à genoux devant lui et pleure sur son corps inerte. Hélèna regarde la scène avec étonnement.

Hélèna – Vous allez me tuer moi aussi?

L'auteur – J'hésite... C'est que vous me plaisez beaucoup.

Hélèna s'approche de lui et tend sa main vers la tête de l'auteur comme si elle lui caressait les cheveux. Pendant ce temps, Madame Cléo se relève et fouille dans une grande commode.

Hélèna – Je ne peux pas vous toucher.

L'auteur – Et si je nous écrivais une histoire... une histoire où nous serions les seuls personnages?

Hélèna – Je ferais tout ce que vous voudrez...

Elle approche ses lèvres de celles de l'auteur sans les toucher. Madame Cléo sort un pistolet du tiroir, vise l'auteur, puis tire les yeux fermés. Plusieurs coups partent. Lorsqu'elle rouvre les yeux, Hélèna gît sur le sol, les mains appuyées sur son ventre. Le sang se répand rapidement sur le somptueux tapis du salon. L'auteur est affalé sur son écran, ses bras ballants. Hélèna ouvre la bouche et tend une main vers Madame Cléo. Celle-ci se précipite vers elle, dépose un baiser sur ses doigts mais Hélèna est morte. Elle se tourne vers le lecteur.

Madame CléoJ'ai tué mon Créateur... je suis morte!

Elle attend au milieu de la scène. Rien ne se produit.

Madame Cléo (regarde ses mains, son corps, touche son visage) – Mais... Cela n'est pas normal.

Elle jette le pistolet sur la scène, puis court vers la porte mais devant le corps de Alan, elle s'arrête. Elle effleure les lèvres de Alan avec ses doigts. Avant de franchir une porte à droite, elle se retourne et regarde la scène.

Madame Cléo (en hurlant) – Il n'y a donc personne?

Aucune présence ne se manifeste. Madame Cléo pleure en refermant la porte.



(24 novembre 2007)

Aux lecteurs qui savent faire vivre les personnages malgré eux



Commentaire de vn (19/11/2007 15:23) :

Wow. T'as réussi à faire mourrir des personnages finalement ^^ J'ai beaucoup aimé. Que dire de plus? Bisous

http://p-inkcoffin.livejournal.com

Commentaire de vn (20/11/2007 09:48) :

Et au fait: c'est la deuxième fin que je préfère. Bizu du nez

http://p-inkcoffin.livejournal.com

Commentaire de l\'auteur du blog (20/11/2007 10:27) :

Pourquoi ça ne m'étonne pas... ^^ Bisous mon Cyclope!

http://desespoir_poetique.boosterblog.com

Commentaire de Dark. (20/11/2007 10:56) :

Raaaah!! J'adore. La présence même de l'auteur dans l'histoire, la complexité des relations, tant entre les personnages qu'entre les personnages et l'auteur, font de cette nouvelle une histoire pas banale mais fort plaisante.Je suis accro =) Mais entre les deux fins, mon coeur balance. Mon côté cynique, sadique et méchant me fait préférer la deuxième. Mais la première reste celle que tu avais choisie au départ... Ralala!!!

http://histoiredefraise.skyrock.com

Commentaire de Niak© (21/11/2007 08:15) :

Joliii!
Cette nouvelle nous est servie sur un plateau, et puisqu'on à le choix des desserts : je prendrais les deux!...^^
Quand même!.. la première fin... quelle saveur !...^^


Commentaire de Emelune (04/12/2007 13:33) :

C'est très... Spécial et original ! Mais ça m'a plut ! Encore une fois, j'ai été épatée !


Commentaire de Carnavale (21/12/2007 23:37) :

Bonjour, J'ai cru comprendre que mon message avait été mal interprété et qu'il avait été jugé blessant. J'en suis vraiment désolé et je m'en excuse, même si c'est un peu tardif. Je continue de reconnaître à tous les textes que j'ai lu sur ce blog une véritable beauté obscure, la critique sur "l'aspect caricatural de parfois" est complètement à relativiser, je ne voulais pas du tout dire que c'était cliché ou que ça n'avait pas de valeur, au contraire. En souhaitant bonne continuation à l'auteur de ce blog, et en l'encourageant encore une fois à transmettre ses commentaires, meurtriers comme laudatifs (s'il en est lol) sur Golden Epopée, si elle en a envie! A bientôt!


Commentaire de l\'auteur du blog (02/01/2008 20:23) :

Pas de chance Canavale: tu m'as fait la seule critique que je n'accepte pas. Mais passons... J'espère que l'écriture de Golden Epopée est toujours aussi vive et farfelue! à bientôt


Commentaire de Carnavale (10/01/2008 14:04) :

On essaye! Tu continues de la lire ??


Commentaire de l\'auteur du blog (10/01/2008 16:44) :

Non: j'ai plus le temps. Je sais même plus où je m'étais arrêtée! Honte à moi! Pourquoi vous ne publiez pas votre histoire sur un blog commun, au lieu de la mettre sur un forum? Bonne continuation!


Commentaire de Carnavale (13/01/2008 10:40) :

On le fera dès que toute l'histoire sera terminée ! Déjà la saison 1 est finie, mais je ferai en sorte que tu la reçoives sous forme imprimée! Comme ça, ça fera comme un livre de poche. Ce serait quand même malheureux que tu ne saches pas ce qui arrive à Padgram à ses acolytes! Bonne continuation pour ton blog, je le découvre chaque jour un peu plus, tes nouvelles sont terribles!




Début | Page précédente | 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 | Page suivante | Fin


[ VIP Blog | Vidéos | Blog Sexy | Rencontres | String Tanga | Annuaire | Atlas | VIP-Site | Charte | Admin | Contact witch-s_death ]

© VIP Blog - Signaler un abus